Aller au contenu principal

Financement

L’importance du déficit de financement a été identifiée parmi les principaux obstacles à la réalisation des cibles des ODD liées à l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

L’argent est nécessaire non seulement pour construire des infrastructures d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de traitement des déchets, mais également pour les personnes et les institutions responsables de l’entretien et de la fourniture des services à une population croissance.

La Banque mondiale estime que, rien que pour atteindre les cibles 6.1 et 6.2, les financements devraient être multipliés par trois pour atteindre 144 milliards de dollars par an et les coûts de maintenance et d’exploitation doivent également être pris en compte. L’entretien des actifs existants nécessiterait 1,5 fois le montant exigé pour la construction d’infrastructures.

Les besoins de financement varient fortement d’une région et d’un pays à l’autre, c’est pourquoi des stratégies de financement doivent être instaurées en fonction de données probantes et de propositions réalistes sur les méthodes employées pour combler les lacunes.

Il y a, au bout du compte, quatre sources de financement principales (Figure 1).

Figure 1 : Sources potentielles de financement des ODD

Finance 01

Source: Djeneba Doumbia and Morten Lykke Lauridsen, 2019, Closing the SDG Financing Gap—Trends and Data

La capacité à attirer davantage de financements et à mieux utiliser les sources de financement existantes dépend en grande partie de la résolution des problèmes fondamentaux. Il faut de toute urgence y répondre pour permettre aux pays de tenir les promesses liées aux ODD (Figure 2).

Figure 2 : Problèmes fondamentaux freinant la mobilisation de financements pour l’EAH

Finance 02

Source: Leslie Pories, Catarina Fonseca et Victoria Delmon, 2019. Mobiliser le financement pour le WASH: jeter les bonnes bases.

Rôle de SWA

Le partenariat défend l’investissement en faveur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène et plaide pour une utilisation plus efficace des fonds existants de plusieurs façons.

Nous coorganisons la Réunion des ministres des finances de SWA, qui rassemble de façon régulière des ministres des finances du monde entier autour de la question des réformes politiques et institutionnelles nécessaires pour atteindre l’ODD 6.

Les partenaires de SWA mettent également au point des outils et des documents destinés à soutenir la collecte d’éléments de preuve et les plaidoyers liés au financement du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Par exemple, l’outil de calcul des coûts des ODD, un modèle créé à partir d’Excel afin d’estimer les coûts nécessaires pour atteindre les cibles 6.1 et 6.2 des ODD, est utilisé dans 140 pays. La Collection de Ressources sur le Financement de l’EAH est un ensemble de ressources sur la planification, la mise en œuvre et l’examen des progrès du financement des ODD. Le Portail d’outils de SWA comporte plusieurs outils spécifiquement liés à la question du financement.

Pour atteindre les cibles 6.1 et 6.2, les financements devraient être multipliés par trois jusqu’à 144 milliards de dollars par an et les coûts de maintenance et d’exploitation doivent également être pris en compte.

La plupart des pays et territoires ne disposent pas d’un système pour collecter l’intégralité des données budgétaires de l’EAH.

Alors que 75 % des pays ont indiqué disposer de plans pour l’EAH, plus de la moitié de ces plans ne sont pas suffisamment déployés.

De nombreux pays ont intégré à leurs politiques et plans des mesures pour toucher les populations qui vivent dans des situations vulnérables, mais ils sont beaucoup moins à disposer de systèmes correspondant pour le suivi ou le financement.

En moyenne, 56 % des subventions touchent le quintile le plus riche de la population d’un pays, tandis que 6 % atteignent le quintile le plus pauvre.

Les engagements en matière d’aide pour l’eau et l’assainissement en Afrique subsaharienne sont passés de 1,7 milliard de dollars à 3,0 milliards de dollars entre 2015 et 2017.

La moitié des pays qui ont envoyé des informations à l’approche de la Réunion des ministres du secteur en 2019 ont identifié le financement parmi les principaux obstacles : 21 pays sur 42.

Toutes les régions des ODD indiquent manquer des ressources suffisantes pour atteindre les cibles liées à l’assainissement. Les données quantitatives issues de 20 pays et territoires révèlent un déficit de financement de l’EAH de 61 % entre les besoins identifiés et les financements disponibles pour l’EAH.

Pour l’assainissement, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres s’est resserré dans 52 pays tandis qu’il s’est creusé dans 22 pays. Pour l’eau, l’écart entre les plus riches et les plus pauvres s’est resserré dans 35 pays tandis qu’il s’est creusé dans 39 pays.

On estime que les subventions mondiales pour l’eau et l’assainissement se situent actuellement entre 1,59 % et 1,95 % du PIB des pays à revenu faible et intermédiaire.

Après un léger recul en 2017, les versements d’aide pour l’eau et l’assainissement devraient dépasser le niveau de cette même année au cours des 12 à 24 prochains mois, ce qui montre les récentes augmentations des promesses d’aides. Les versements se sont stabilisés.

Le renforcement des systèmes nationaux ou des approches systémiques figure parmi les activités du secteur l’EAH au niveau de priorité le plus élevé pour les organismes d’assistance extérieure (OAE). Il constitue par ailleurs un thème important de plusieurs stratégies d’OAE consacrées à l’eau/l’EAH.

Actualités

View all News & Stories
Regina Rossmann

Les gouvernements doivent repenser les subventions en faveur de l’EAH pour qu’elles bénéficient à ceux qui en ont le plus besoin plutôt qu’à ceux qui ont les moyens de payer par eux-mêmes.

Regina recommande de lire: Mobilizing additional funds for pro-poor water services: An exploration of potential models to finance safe water access in support of SDG 6.1.

Conseillère politique à la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ)
Claire Lyons

Most often, I think too few stakeholders have any real idea how to bridge the gap from seeing the water supply and sanitation sector as a technology problem to be solved; to understanding and then applying existing financial approaches and structures as a core component of achieving SDG6 – we need to look at the energy sector lessons for how to leap frog this chasm.

Senior Manager and Practice Lead, Sector Engagement, Water.org
Gustavo Saltiel

Il est évident que, pour accéder aux niveaux de financement requis, il faut un environnement favorable à l’EAH sur les plans politique, institutionnel et réglementaire. Même si l’augmentation des flux de capitaux est une condition nécessaire, elle n’est pas suffisante. Pour augmenter la couverture de services durables d’approvisionnement en eau et d’assainissement, il faut mettre en place de façon conjointe des mesures de renforcement financières et institutionnelles afin de garantir que les investissements financiers donnent naissance à des services durables et efficaces.

Gustavo recommande la publication suivante: Reform and Finance for the Urban Water Supply and Sanitation Sector.

Responsable mondial pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement, Water Global Practice, La Banque mondiale
Dr Fiona Gore

L’Organisation mondiale de la Santé travaille sur le financement du secteur EAH, car en l’absence de financement adéquat et correctement réparti, des milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable sûre et un assainissement adapté. L’accès à l’eau et à l’assainissement pourrait sauver plus de 800 000 vies chaque année, dont un grand nombre d’enfants, et améliorer la qualité de vie de beaucoup d’autres personnes. Des données relatives au financement de l’EAH plus nombreuses et de meilleure qualité offriraient de formidables possibilités et permettraient des prises de décisions mieux justifiées.

Fiona recommande le rapport GLAAS et, plus précisément, l’utilisation de la méthodologie TrackFin pour comprendre les dépenses du secteur à l’échelle nationale.

Chef de l’équipe dirigée par l’OMS d’Analyse et évaluation mondiales de l’ONU-Eau sur l’assainissement et l’eau potable (GLAAS), OMS
Pim van der Male

Il ne semble exister dans le secteur aucun sentiment d’urgence à combler le déficit de financement de l’EAH existant. Nous ne devons pas nous contenter de parler de financement, mais effectivement mettre en place des innovations dans ce domaine. Nous devons davantage nous concentrer sur les financements en monnaie locale. Le financement en monnaie forte entraîne un manque de gestion durable et de responsabilité politique Les prêts en monnaie forte et les garanties d’État font oublier les risques et les coûts associés au remboursement du crédit grâce aux tarifs de l’eau et aux recettes. En outre, les prêts garantis par l’État déconnectent la création d’actifs par le gouvernement national de l’exploitation et de la maintenance par des fournisseurs de services.

Pim recommande le rapport: The real costs of hard currency loans The real costs of hard currency loans, REBEL Group, 2019.

Expert spécialisé dans l’eau au Ministère des affaires étrangères des Pays-Bas
Jeffrey D. Goldberg

Une gouvernance solide est essentielle pour mobiliser des financements en faveur du secteur de l’eau et de l’assainissement. Lorsque des pays disposent de politiques efficaces, de processus dirigés par les gouvernements et d’institutions capables de fournir de façon transparente des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement durables, ils attirent des investissements de sources nationales et externes. C’est pourquoi USAID s’engage à travailler sur la gouvernance et le financement du secteur de l’eau et de l’assainissement dans le cadre de la Stratégie mondiale des États-Unis sur l’eau.

Jeff recommande l’approche de WASH-FIN pour combler les déficits de financement.

Directeur, Bureau de l’eau, Agence américaine pour le développement international