Le mécanisme de redevabilité mutuelle


Les objectifs de développement durable (ODD) imposent aux gouvernements de nouer un dialogue avec tous les acteurs au travers de processus multipartites participatifs, mais aussi de faire preuve de redevabilité dans leur prise de décisions destinées à garantir un accès universel aux services d’eau et d’assainissement, en ne laissant personne de côté.

Le mécanisme de redevabilité mutuelle de SWA est conçu pour satisfaire ces exigences de participation et de redevabilité. Il traduit la vision, les principes, les obligations, les exigences et les défis entraînés par les ODD, mais il intègre également le cadre de SWA : principes directeurs, comportements collaboratifs et dispositifs fondamentaux.

Le mécanisme soutient et renforce les processus nationaux de planification et de révision car il impose de tirer les engagements des plans, des stratégies, des cibles et des étapes que les gouvernements et les parties prenantes élaborent dans le respect des calendriers gouvernementaux. Par ailleurs, avec le nouveau mécanisme de redevabilité mutuelle, tous les partenaires de SWA doivent collaborer pour définir les engagements et communiquer sur les actions qu’ils mènent pour les satisfaire.

Raccourcis de la page :

  1. En quoi ce mécanisme diffère-t-il des précédents cycles d’engagements de SWA ?
  2. En quoi le mécanisme de redevabilité mutuelle et le cadre de SWA sont-ils liés ?
  3. Comment fonctionne le mécanisme de redevabilité mutuelle ?
  4. À quoi ressembleront les engagements ?
  5. Comment le partenariat SWA suivra-t-il les progrès dans la réalisation des engagements ?
  6. En quoi le mécanisme de redevabilité mutuelle de SWA soutient-il les processus de l’ONU ?
  7. Étapes suivantes : faire appel à des pays « pionniers »

** ** **

 

 

1. En quoi ce mécanisme diffère-t-il des précédents cycles d’engagements de SWA ?

 

Le précédent processus de SWA sur les engagements était conçu autour des Réunions de haut niveau du partenariat. Les engagements étaient définis par les partenaires gouvernementaux dans l’optique d’être présentés lors des Réunions de haut niveau et ils étaient indépendants d’autres activités menées au niveau national. Les autres partenaires de SWA, comme les organismes d’assistance extérieure ou les ONG, n’étaient pas tenus de proposer des engagements lors des Réunions de haut niveau, même si certains partenaires de développement l’ont fait.

Le principal changement amorcé par le mécanisme de redevabilité est l’accent placé sur le soutien aux processus nationaux de planification et de révision et leur renforcement ainsi que sur leur calendrier. Au lieu de définir des engagements spécifiquement pour les Réunions de haut niveau et conformes à leur calendrier, le nouveau mécanisme de redevabilité considère que les processus de planification et de révision dirigés par les gouvernements doivent occuper une place centrale pour atteindre l’ODD 6 et fournir des services d’assainissement et d’approvisionnement en eau pour tous, en tout temps et en tout lieu. C’est pourquoi le mécanisme de redevabilité mutuelle de SWA impose de tirer les engagements des plans, des stratégies, des cibles et des étapes que les gouvernements et les parties prenantes élaborent, dans le respect des calendriers gouvernementaux. Les partenaires de SWA présentent les engagements et rapportent leurs progrès lors des Réunions de haut niveau (Réunions des ministres du secteur) lorsqu’elles coïncident avec le propre cycle de planification et de révision du pays.

Par ailleurs, avec le nouveau mécanisme de redevabilité mutuelle, tous les partenaires de SWA doivent collaborer pour définir les engagements et communiquer sur les actions qu’ils mènent pour les satisfaire. Nous expliquerons cela plus en détail ci-dessous.

 

2. En quoi le mécanisme de redevabilité mutuelle et le cadre de SWA sont-ils liés ?

 

La redevabilité occupe une place centrale dans le cadre de SWA. Elle est d’ailleurs spécifiquement mentionnée dans chacun de ses trois éléments : en tant que principe directeur (transparence et redevabilité), comportement collaboratif (utiliser une plateforme unique d’information et de redevabilité mutuelle), mais aussi parmi les éléments essentiels de l’un des dispositifs fondamentaux (la planification, la supervision et la révision). Cette prise en compte de la redevabilité comme un principe, un comportement ainsi qu’un domaine d’action clé est reflétée dans le mécanisme de redevabilité mutuelle.

Au bout du compte, le mécanisme de redevabilité mutuelle constitue l’initiative commune qui permet au cadre de s’appuyer sur des actions spécifiques, mesurables, atteignables, réalisables et temporellement définies. Il renforce la prise de décisions entre les parties prenantes et la redevabilité mutuelle parmi les partenaires aux niveaux national, régional et mondial.

 

3. Comment fonctionne le mécanisme de redevabilité mutuelle ?

 

Au travers des processus nationaux de planification, de suivi et de révision impliquant plusieurs parties prenantes et dirigés par les gouvernements, ces derniers définissent aux côtés d’autres parties prenantes leurs stratégies à court, moyen et long terme pour parvenir à s’affranchir des goulets d’étranglement et des obstacles actuels et atteindre les cibles des ODD liées à l’EAH.

Chaque pays sélectionne deux ou trois actions ou stratégies spécifiques (des engagements) qu’il souhaite présenter à l’échelle mondiale. Celles-ci peuvent répondre à des problématiques liées au processus de planification ou de révision, mais aussi porter sur des aspects précis des ODD ou du cadre de SWA composé des principes directeurs, des comportements collaboratifs et des dispositifs fondamentaux. Les problématiques seront les points les plus importants, comme « ne laisser personne de côté », pour laquelle les partenaires de SWA estiment que la perspective mondiale offerte par les discussions lors des réunions internationales de SWA leur sera particulièrement utile. Les engagements doivent être spécifiques, mesurables, atteignables, réalisables et temporellement définis (SMART), afin que les progrès vers leur accomplissement puissent faire l’objet d’un suivi.

Tous les partenaires de SWA qui travaillent dans un pays doivent s’entendre collectivement sur les engagements de ce pays et ils devront être en mesure de communiquer sur leur contribution aux progrès. L’engagement du pays sera complété par des engagements connexes émis par d’autres groupes catégoriels de SWA : organismes d’assistance extérieure, OSC, secteur privé et instituts de recherche et d’enseignement.

Comme pour la définition des engagements, l’évaluation du niveau de réussite de leur accomplissement devra faire partie des révisions existantes menées par différentes parties prenantes sous la direction des gouvernements (à l’image des révisions sectorielles communes) et s’appuyer sur des processus de suivi nationaux et mondiaux.

Il est recommandé aux partenaires de SWA présents dans plusieurs pays, comme les organismes d’assistance extérieure ou les instituts d’enseignement, de prendre des engagements mondiaux, mais aussi des engagements qui coïncident avec ceux pris dans les pays où ils travaillent ou qui peuvent faire l’objet d’une intégration.

 

4. À quoi ressembleront les engagements ?

 

Un processus multipartite dirigé par les gouvernements doit permettre de définir les engagements. Exemples d’engagements possibles :

Engagement du gouvernement : stratégie pour l’assainissement en milieu rural

Mise au point d’une stratégie pour l’assainissement en milieu rural et création d’une direction de l’assainissement en milieu rural chargée de sa mise en œuvre et du suivi des progrès, notamment dans les zones les plus pauvres.

> Indicateurs : stratégie approuvée, complète dotation en personnel de la direction, augmentation de la couverture de l’assainissement en milieu rural, données ventilées par quintile de richesse.

Engagement des donateurs

Formation du personnel de la direction de l’assainissement et financement des coûts de démarrage, financement de la formation du personnel des OSC qui assurent des programmes en matière d’assainissement. 

> Indicateur : mesures de la compétence des employés des OSC et du gouvernement (examens écrits à la fin des formations, évaluation des performances).

Engagement des OSC

Travail en partenariat avec le gouvernement pour identifier les approches qui améliorent l’assainissement dans les régions les plus pauvres et difficiles d’accès.

> Indicateur : qualité des programmes, augmentation de l’accès à l’assainissement dans les zones identifiées. 

Engagement des instituts de recherche et d’enseignement

Recherches dans les directions d’autres pays et régions pour trouver des solutions qui répondent aux défis existants dans les zones difficiles d’accès.

> Indicateur : rédaction d’un rapport fournissant des informations utiles au gouvernement pour la création d’une direction de l’assainissement efficace.

Engagement du secteur privé

Engagement aux côtés du gouvernement en faveur de la mise en œuvre de la direction de l’assainissement, notamment pour préciser le rôle et les responsabilités des acteurs du secteur privé.

> Indicateur : définition claire du rôle du secteur privé au sein de la direction de l’assainissement. 

 

5. Comment le partenariat SWA suivra-t-il les progrès dans la réalisation des engagements ?

 

Le suivi des engagements s’intègre au cycle national de planification ainsi qu’aux processus de suivi et d’examen. Des indicateurs sont identifiés pour suivre des cibles et des engagements spécifiques, mais aussi d’autres cibles et plans convenus à l’échelle nationale. Dans le cadre des comportements collaboratifs, les partenaires de SWA sont encouragés à travailler à partir d’une plateforme d’informations unique dans chaque pays ainsi qu’à harmoniser la sélection des indicateurs et la collecte et l’analyse des données.

Cette plateforme multipartite pour le suivi au niveau national pourra être complétée par le regroupement de toutes les performances du secteur à partir du JMP, de l’enquête GLAAS, des Profils pays sur les comportements collaboratifs et de tout mécanisme régional de suivi pertinent déjà en place.

Les Réunions des ministres du secteur de SWA à l’échelle mondiale offrent la possibilité aux partenaires de SWA du monde entier de présenter leurs propres engagements et de communiquer leurs progrès, mais aussi de tirer les leçons des priorités et des activités de leurs homologues. Étant donné que chaque pays dispose de ses propres processus et de son propre calendrier, le mécanisme de redevabilité mutuelle de SWA doit permettre aux partenaires de SWA de présenter et d’examiner leurs engagements lors de la réunion mondiale la plus adaptée. La prochaine Réunion des ministres du secteur est prévue au printemps 2019 et aura lieu à cette période.

SWA saisira également l’occasion offerte par les réunions sectorielles régionales, telles que la SacoSan, la LatinoSan et la Semaine africaine de l’eau pour organiser des séances utiles aux partenaires actifs dans ces régions.

Tous les trois ans, le secrétariat de SWA publiera un rapport mondial sur les progrès reflétés par le mécanisme de redevabilité mutuelle et sur la part d’engagements satisfaits par les partenaires au cours des trois années écoulées. Ce rapport donnera ainsi la possibilité d’analyser les réussites tous comme les obstacles qui demeurent.

Cycle FR small

 

6. En quoi le mécanisme de redevabilité mutuelle de SWA soutient-il les processus de l’ONU ?

 

Étant donné que SWA est une plateforme axée sur les moyens pour atteindre les cibles des ODD grâce au cadre de SWA des comportements collaboratifs et des dispositifs fondamentaux, les dialogues entre parties prenantes et le mécanisme de redevabilité mutuelle vont aider les partenaires de SWA à préparer un examen national volontaire destiné au Forum politique de haut niveau.

 

7. Étapes suivantes : faire appel à des pays « pionniers »

Pour aider le partenariat SWA à conseiller et soutenir tous les partenaires dans la mise en œuvre du mécanisme de redevabilité mutuelle, le secrétariat demande aux pays partenaires de SWA de se porter volontaire pour devenir des « pays pionniers » dans l’application du mécanisme. Le déploiement du mécanisme de redevabilité mutuelle dans ces pays « pionniers » sera documenté pour améliorer l’apprentissage et identifier les changements récurrents que les pays effectuent lors de la phase de mise en œuvre. Le secrétariat de SWA offre un soutien régulier à tous les pays et collaborera avec un ensemble de partenaires pour proposer toute l’aide supplémentaire dont les pays « pionniers » pourraient avoir besoin.

Aucune exigence stricte n’a été définie pour devenir pays « pionnier ». Seuls comptent l’ouverture et l’intérêt pour le partage des expériences avec les autres pays qui se lancent en premier dans le mécanisme de redevabilité mutuelle par l’intermédiaire d’un groupe de messagerie électronique fermé. Le secrétariat de SWA proposera un soutien spécifique pour le processus de documentation et de partage des expériences. Nous espérons que ces pays « pionniers » auront suffisamment progressé dans la mise en œuvre du mécanisme d’ici à la RMS.

Si vous êtes intéressé, prière de contacter le secrétariat de SWA : info@sanitationandwaterforall.org.

Étapes suivantes

  • 4 juin – publication de la liste finale de pays « pionniers »
  • 4-21 juin – la Présidente exécutive organise des conférences téléphoniques des pays « pionniers » avec tous les coordonnateurs nationaux des groupes catégoriels
  • 21 juin – réunion du Comité directeur – mise à jour sur les progrès
  • 26 juillet – webinaire sur le mécanisme de redevabilité mutuelle