L'expérience d'un pays : Mauritanie - Renforcement du Secteur EAH et l’Approche Collaborative

15 jan, 2018

Credits: UNICEF/Syed

Credits: UNICEF/Syed

En Mauritanie, l’écart entre les zones rurales et urbaines (et entre les populations pauvres et riches) en termes de services EAH est important. En effet, les taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement sont nettement inférieurs dans les zones rurales (et chez les populations pauvres). Une conséquence majeure de ces faibles taux d’accès est que les maladies diarrhéiques constituent la deuxième cause de mortalité infantile dans le pays.

Cette situation et ces écarts ont été pris en compte dans la stratégie sectorielle qui couvre la période des ODD. Ainsi, l’équité dans l’allocation des ressources, notamment pour le ciblage des groupes vulnérables, sera améliorée en renforçant le suivi de la SCAPP (la Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée) au niveau sectoriel. La SCAPP, adoptée en conseil des ministres en Octobre 2017, est caractérisée par un plan d’action prioritaire pour la période 2016 – 2020.

La Mauritanie mène une politique de travail de plus en plus collaboratif, sous le leadership du gouvernement. Au niveau national, la SCAPP, le cadre politique pour le développement du pays, a été élaborée avec la participation des partenaires techniques, la société civile et les élus. Plus particulièrement pour le secteur, le gouvernement et les partenaires de développement collaborent pour améliorer les méthodes de travail dans le secteur EAH. A un niveau plus local, le gouvernement met en œuvre en concertation avec les mairies une politique de regroupement des villages pour accélérer la fourniture des services (y compris des services EAH) aux populations. Enfin, le Réseau d’Eau Potable et d’Assainissement de Mauritanie (REPAM) vise à devenir un forum central et formel pour la gestion des connaissances et le partage d’informations du secteur.

Les financements publics pour le secteur ont montré une nette augmentation ces dernières années, notamment avec de nouveaux projets structurants pour l’eau, l’inscription d’une nouvelle ligne sur le budget du gouvernement, et la mobilisation financière des partenaires techniques et financiers pour l’assainissement. En parallèle, le secteur a entrepris d’améliorer ses capacités d’absorption des fonds disponibles tout en allégeant les procédures de passation des marchés. Les actions sont également en cours pour renforcer les capacités des ressources humaines, pour la mise en place d’un système de suivi-évaluation coordonné, harmonisé et pérenne ainsi qu’une coordination sectorielle alimentée par des éléments factuels.

Une initiative récente illustre cette collaboration multipartite menée sous l’égide du gouvernement. En Novembre 2017 s’est tenu l’ « Atelier post Réunion de haut niveau SWA : Financement, Suivi et évaluation des ODD ». Cet atelier a été organisé sous le leadership du Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement avec l’appui de l’UNICEF. Il a connu la participation de personnes représentant les acteurs publics, les PTF, le secteur privé et la société civile. A l’issue des échanges qui ont suivi les communications générales sur le secteur et sur le SWA, les participants ont formulé des recommandations par rapport aux dispositifs fondamentaux du SWA en vue d’améliorer la performance du secteur.

Ces fortes collaborations multipartites portent des résultats importants. Le secteur jouit désormais d’une synergie des efforts de plaidoyer entrepris par les différentes parties prenantes. Il y a également une accélération importante dans le processus pour arriver à un consensus sur les orientations stratégiques retenues pour le secteur.