« Si le changement climatique était un requin, l’eau serait ses dents » - SWA évoque la résilience de l’eau lors de la SMES

8 sept, 2017

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Le jeudi 31 août, Catarina de Albuquerque, la Présidente exécutive d’Assainissement et eau pour tous, a participé à une table ronde intitulée « Bâtir un avenir résilient grâce à l’eau ».

 

Les allocutions d’ouverture ont été prononcées par S.E. M. János Áder, Président de la Hongrie, et S.E. Mme Charafat Afailal, Secrétaire d’État chargée de l’eau du Maroc. Ces deux intervenants ont évoqué en quoi l’eau se trouve à la croisée des chemins entre les ODD et l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Dans un discours animé, le président hongrois a déclaré : « si le changement climatique était un requin, l’eau serait ses dents ». En réponse à cette phrase, la Secrétaire d’État chargée de l’eau du Maroc a ajouté : « l’eau, c’est le climat ».

 

La table ronde était modérée par Antony Currie, de Reuters Breakingnews. Celui-ci a raconté avoir été surpris lorsqu’il a découvert qu’un article sur l’eau dans une publication financière avait attiré un grand nombre de lecteurs et qu’il a alors pris conscience que ses lecteurs souhaitaient en savoir plus sur l’eau. C’est là une réelle interrogation pour un monde de la finance qui ne supporte pas l’incertitude. Au cours des discussions qui ont suivi, la Présidente exécutive de SWA a pointé du doigt la nécessité d’une planification solide afin d’assurer une certaine résilience et de protéger les populations vulnérables. Le modérateur a demandé aux participants s’il pouvait exister pour les représentants politiques une meilleure solution qu’une politique de conservation de l’eau. Catarina de Albuquerque a confirmé qu’il s’agissait « d’éducation, d’éduquer les représentants politiques sur l’importance de l’eau », mais aussi de retours financiers et politiques sur les investissements dans l’eau. Elle a suggéré qu’il fallait s’adresser tout particulièrement aux ministres des finances et a cité le Président de SWA, qui affirme que nous devons convaincre les ministres des finances que c’est en s’intéressant à l’eau qu’ils pourront un jour prendre la tête de leur gouvernement.

Stefan Uhlenbrook, coordinateur du Programme mondial des Nations Unies pour l’évaluation des ressources en eau à l’UNESCO a exhorté les parties prenantes à reconsidérer les eaux usées pour y voir un « or brun ». Il s’est également appuyé sur le Rapport de synthèse qu’il prépare pour la réunion 2018 du Forum politique de haut niveau des Nations Unies pour illustrer comment garantir une meilleure coordination entre les agences de l’ONU qui travaillent sur l’eau. Lars Ronnas, Ambassadeur de la Suède pour le climat, a décrit l’expérience suédoise dans l’implication de tous pour définir des politiques relatives à l’eau et a souligné que le monde n’avait pas besoin de nouvelles institutions. La Présidente exécutive de SWA a appelé à des discussions entre plusieurs parties prenantes dans tous les pays et a signalé qu’il faut avant tout s’assurer qu’à travers le monde, nous réunissons tous les acteurs du secteur au niveau national et n’organisons pas « plus de réunions de diplomates à l’ONU ». Elle a laissé entendre qu’il fallait une meilleure collaboration entre les institutions existantes (et non pas la création d’institutions supplémentaires).